Fiche n°88

Après une action pacifiste, garde à vue de vingt-quatre heures pour la porte-parole d’ATTAC

Présentation du cas

Suite à une action pacifique devant l’Élysée pour dénoncer l’inaction de l’État français sur la question du climat, plusieurs militant.es ont été arrêtés, placé 24h en garde à vue dans des conditions sordides puis relâché.es sans poursuite. Parmi eux, Aurélie Trouvé, porte-parole d’ATTAC France.

Description du cas

Vendredi 13 mars 2020 :
En raison de l’annulation, pour cause de début de crise du COVID-19, d’une manifestation pour le climat samedi 14 mars, plusieurs associations, ATTAC, Action Non Violente-Cop21, mais aussi des scientifiques et des militants (comme la « gilet jaune » Priscilla Ludowsky), se donnent rendez-vous ce vendredi matin pour dénoncer l’inaction de l’Etat français sur la question. Ils sont environ une trentaine à marcher vers Élysée. Pour Aurélie Trouvé, porte-parole d’ATTAC France : « L’idée était d’aller au plus près de l’Élysée en brandissant des portraits d’Emmanuel Macron à l’envers pour signifier que sa politique climatique marche sur la tête. Il y avait plusieurs groupes, qui ont tous été bloqués. » Aux alentours de 11h, Aurélie Trouvé porte-parole d’ATTAC France, et onze autres personnes sont arrêtées et emmenées au commissariat du Ve arrondissement de Paris.
Les militant.es sont, dans un premier temps, arrêtés pour « recel » des portraits d’Emmanuel Macron dans les officiers de police judiciaire pensent qu’ils ont été volés dans des mairies. Les conditions d’hygiène dans lesquels sont retenus les militants sont déplorables. Selon le témoignage d’Aurélie Trouvé, recueilli par un journaliste du Nouvel Observateur :

« L’endroit puait la merde et la pisse, il y avait des matelas de 3 cm d’épaisseur à peine et des couvertures qui sentent mauvais. Au début, je me suis dit que je n’allais pas y toucher, mais au bout de deux heures, j’ai fini par m’y emmitoufler. Je n’avais aucune notion du temps. J’ai aussi demandé plusieurs fois à aller aux toilettes, les policiers me disaient oui, mais ne revenaient pas. (…) Puis le soir est arrivé et les cellules ont commencé à se remplir avec des jeunes mineurs, des Roumains, un type sous drogue dure. Il a fallu libérer la cellule collective où nous étions et nous avons été mises chacune dans des cellules individuelles. Dans la mienne, il y avait un banc en pierre avec un minimatelas et une couverture de 1,50 mètre sur 1,20 sans doute, très très sale, repoussante, surtout en période de coronavirus ! Derrière un muret, se trouvaient des chiottes à la turque absolument immondes, pleines de merde, qu’il fallait enjamber pour accéder à un robinet. »

Samedi 14 mars 2020 :
Dans l’impossibilité de prouver que les portraits d’Emmanuel Macron avaient été volés, toutes les personnes arrêtées ont été relâchées le lendemain entre 12h et 15h, sans poursuite.

« Pourquoi enfermer des militants pendant 24h s’il n’y a rien à leur reprocher sur le plan juridique ? »

s’interroge un communiqué d’ATTAC publié le samedi 14 mars.

Type d'action collective sanctionnée

Action symbolique et pacifiste dénonçant l’inaction de l’État en matière de changement climatique.

Institution responsable

Police judiciaire

Sources

Articles de presse :

Communiqué de l’association :

Date