Fiche n°58

Un député accuse une association de soutien aux immigrés de complaisance avec le terrorisme

Présentation

Suite à un communiqué de la LICRA demandant à la maire de Paris, Anne Hidalgo, de ne pas financer la Fédération des Association de Solidarité avec Tou-te-s les Immigré-e-s (FASTI), l’association s’est vue suspendre le vote de sa subvention municipale. Par la suite, plusieurs hommes politiques ont récupéré cette polémique pour disqualifier publiquement l’association : « soutien au terrorisme », « membre de la mouvance indigéniste », etc. La FASTI dénonce son instrumentalisation dans un débat politicien.

Description

12 novembre 2018
Pierre Liscia, élu du 18e arrondissement de Paris, intervient au Conseil municipal, contre l’octroi d’une subvention à l’action de la FASTI de la Goutte d’Or :

« C’est une association militante politique qui a des prises de position particulièrement radicales et virulentes et qui pose la question du respect d’un certain nombre de principes républicains. Ils ont un "journal d’informations militantes" qui s’appelle "ouvrons les frontières" et dans lequelle ils demandent régulièrement "la fin de la politique coloniale de la France à Mayotte, en Guyane et dans l’ensemble des DOM-TOM", "Où l’Etat a instauré et entretien un régime inégalitaire, discriminatoire et violent". Je pense que les mots ont un sens. C’est une association qui a activement milité contre la loi "Asile et immigration" c’est leur plus grand droit mais ils considèrent que c’est une loi "discriminatoire, xénophobe et liberticide" et que c’est "un pas de plus vers la fin de l’Etat de droit". Je crois que les mots, encore une fois, ont un sens. Et elle n’hésite pas à faire un parallèle que je trouve indigne et écœurant entre les politiques qui ont été menés par les gouvernements Valls, Cazeneuve, Collomb avec les lois du régime de Vichy contre les Juifs et les Tsiganes et dénoncent à chaque opération de mise à l’abri des populations migrantes des "rafles" par les policiers. Encore une fois, les mots ont un sens. Enfin, c’est une association qui dénonce le "racisme d’Etat" en France dirigé contre les minorités "comme les Musulmans et les migrants". Parler de « racisme d’Etat » quand on est une association qui prétend obtenir des financements publics, je trouve ça particulièrement indigne. Moi, ça me choque, ça me gêne, je ne voterai pas cette subvention (…). »

Le même jour, la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (LICRA) publie un communiqué sur son site internet :

« Si le réseau des FASTI a joué par le passé un rôle d’importance sur l’aide aux étrangers au sein du mouvement associatif, ses prises de position actuelles rendent choquantes l’idée même de l’octroi d’une subvention d’argent public. Les FASTI défendent l’idée que la France mènerait une politique de « racisme d’Etat », de « xénophobie d’Etat » néocoloniale, que la police organiserait des « rafles » sur ordre du Gouvernement. Elle défile également aux cotés des Indigènes de la République et du mouvement BDS. (…) la LICRA demande solennellement à Mme Anne Hidalgo de ne pas financer une officine de cette nature, dont les discours justifient le pire et vouent aux gémonies les valeurs de la République, et appelle les élus de Paris à s’opposer à cette subvention. »

20 novembre 2018
Le journal L’Humanité publie une tribune en soutien à la FASTI. Signée par plus de 50 associations, syndicats, partis politiques, et 50 chercheurs, chercheuses et militant.es associatifs, elle précise :

« Depuis longtemps, nous avons mené et partageons encore des combats communs. Et que nous soyons d’accord ou non avec elle, la FASTI contribue au débat d’idées, au débat démocratique. »

27 janvier 2018
Communiqué de la FASTI en réaction aux propos du porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, lors de l’émission de radio « Le Grand Rendez-vous » sur Europe1 :

« Pas d’argent public pour des associations qui ont des propos contraires aux valeurs de la République ! »

29 octobre 2019
Robin Réda, député de l’Essonne, dénonce à l’assemblée nationale des associations :

« qui justifient les attentats de 2015 au nom de la paupérisation et assimilent les policiers à des oppresseurs au service de la domination capitaliste »

Type d'action collective sanctionnée

Discours antiraciste

Institution responsable

Pierre Liscia, conseiller municipal de la ville de Paris

Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement

Robin Réda, député Les Républicains de l’Essone

Preuves

Déclarations publiques

Sources

Articles de presse :

Communiqués :

Date